# Que faire après avoir reçu une proposition de logement DALO
Recevoir une proposition de logement dans le cadre du droit au logement opposable constitue un tournant décisif après des mois, parfois des années d’attente et de démarches administratives. Cette notification officielle, qui arrive généralement par courrier recommandé ou via la plateforme numérique dédiée, matérialise enfin la reconnaissance de votre situation prioritaire et l’engagement de l’État à vous reloger. Toutefois, ce moment tant attendu marque le début d’une nouvelle phase tout aussi cruciale : celle de l’analyse minutieuse de l’offre, de la vérification de sa conformité avec vos besoins, et de la prise de décision dans des délais très stricts. Une réaction inadéquate, un document manquant ou une incompréhension des procédures peuvent compromettre définitivement votre accès au logement. La période qui suit immédiatement la réception de cette proposition exige donc une vigilance particulière et une compréhension précise de vos droits comme de vos obligations.
Vérification de la conformité de l’offre DALO avec votre demande initiale
La première étape après réception de votre proposition consiste à examiner méthodiquement si le logement proposé correspond effectivement aux critères qui ont justifié votre reconnaissance comme demandeur prioritaire. Cette vérification ne doit rien laisser au hasard, car elle déterminera la légitimité d’une éventuelle acceptation ou d’un refus motivé. Le préfet dispose de l’obligation légale de vous proposer un logement adapté à vos besoins et à vos capacités, formulation juridique qui recouvre plusieurs dimensions complémentaires : la décence du logement, sa superficie, sa localisation et son accessibilité financière. Chacun de ces critères peut faire l’objet d’une contestation argumentée si vous constatez un écart manifeste avec votre situation.
Analyse des caractéristiques du logement proposé selon le décret de décence
Le décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 définit les caractéristiques précises du logement décent que tout bailleur doit fournir. Votre proposition DALO doit impérativement respecter ces normes minimales, qui concernent la sécurité physique et la santé des occupants. Concrètement, vous devez vérifier que le logement dispose d’une installation de chauffage fonctionnelle et adaptée au volume à chauffer, d’une alimentation en eau potable avec pression et débit suffisants, d’une installation d’évacuation des eaux usées conforme, d’un réseau électrique aux normes permettant l’éclairage et le fonctionnement des appareils ménagers courants.
Les éléments de sécurité constituent également des critères essentiels : le gros œuvre doit être en bon état, protégeant efficacement contre les infiltrations d’eau ; les menuiseries extérieures doivent assurer le clos et le couvert ; les garde-corps des fenêtres, escaliers et balcons doivent être conformes et sécurisés. La surface habitable minimale pour une personne seule est fixée à 9 m² avec une hauteur sous plafond d’au moins 2,20 mètres, ou un volume habitable de 20 m³. Si vous constatez lors de votre visite que le logement présente des défauts manifestes concernant ces aspects, photographiez systématiquement ces anomalies et sollicitez si possible l’avis d’un travailleur social ou d’une association agréée pour constituer un dossier de refus motivé.
Correspondance entre la typologie du logement et la composition familiale
La commission de médiation a examiné votre demande en tenant compte de la composition de votre foyer.
En principe, un T1 est adapté à une personne seule, un T2 à un couple sans enfant, un T3 à un couple avec un enfant, etc. Le logement proposé doit donc offrir un nombre de pièces en cohérence avec le nombre de personnes à loger, mais aussi avec les situations particulières (garde alternée, personne âgée à charge, famille recomposée). Comparez scrupuleusement la typologie mentionnée dans le courrier (T1, T2, T3, superficie exacte) avec la composition de votre foyer telle qu’elle figure sur votre demande de logement social et dans votre dossier DALO. Si vous êtes en situation de handicap ou si un membre de votre famille présente des besoins spécifiques (chambre individuelle, proximité d’un aidant), ces éléments doivent également être pris en compte dans l’évaluation de l’adéquation du logement.
Si vous constatez un écart manifeste – par exemple, une famille de cinq personnes orientée vers un T2 de 40 m² – il peut s’agir d’un motif légitime pour contester la proposition. Dans ce cas, il est recommandé de demander un avis écrit à une assistante sociale ou à une association spécialisée, en joignant les justificatifs de votre composition familiale (livret de famille, jugement de garde des enfants, attestation de grossesse, décision MDPH). Plus vos arguments sont précis et documentés, plus votre refus aura de chances d’être reconnu comme fondé par l’administration ou, en cas de contentieux, par le tribunal administratif.
Localisation géographique et respect du secteur géographique demandé
La localisation du logement DALO joue un rôle central dans l’appréciation de son caractère « adapté à vos besoins ». Lors de votre demande initiale, vous avez indiqué un ou plusieurs secteurs géographiques prioritaires, que ce soit pour des raisons professionnelles, scolaires, de santé ou de maintien de vos liens sociaux. Le préfet doit, dans la mesure du possible, respecter ces choix, ou au minimum rester dans le même département, sauf exceptions justifiées. Vérifiez donc si l’adresse proposée correspond au périmètre que vous aviez indiqué, ou si elle implique des distances nettement plus importantes que celles prévues initialement.
Pour mesurer l’impact réel de la localisation, ne vous contentez pas de regarder une carte. Calculez les temps de trajet domicile-travail et domicile-école en heures de pointe, en transports en commun ou en voiture, selon vos habitudes. Interrogez-vous : le trajet quotidien devient-il ingérable en termes de durée ou de coût ? L’accès à vos soins réguliers (dialyse, suivi psychiatrique, kinésithérapie…) demeure-t-il raisonnable ? Si le relogement entraîne une rupture grave de vos équilibres de vie (perte probable de l’emploi, impossibilité de scolariser les enfants dans un établissement adapté), ces éléments peuvent constituer des arguments légitimes pour contester l’offre DALO.
Calcul du taux d’effort et compatibilité avec vos ressources financières
Au-delà de la surface et de la localisation, la compatibilité financière du logement avec vos ressources est un critère décisif. On parle de taux d’effort pour désigner la part de vos revenus consacrée au paiement du loyer et des charges. Dans le secteur social, on considère généralement qu’un taux d’effort supérieur à 30 à 35 % commence à devenir problématique pour l’équilibre budgétaire d’un ménage, même si la loi ne fixe pas de plafond uniforme. Pour évaluer votre situation, additionnez le loyer hors charges, les provisions de charges, puis soustrayez la part des aides au logement estimées (APL ou ALS). Vous pouvez utiliser le simulateur de la CAF ou de la MSA pour affiner ce calcul.
Si, une fois les aides déduites, le reste à charge mensuel dépasse manifestement vos capacités (par exemple, plus de la moitié de vos revenus pour un ménage déjà endetté ou en situation de précarité), vous pouvez invoquer une incompatibilité avec vos « capacités financières » telles que prévues par le DALO. Conservez une trace de vos simulations CAF et de vos relevés de ressources (avis d’imposition, prestations sociales, bulletins de salaire) pour démontrer, chiffres à l’appui, que le logement mettrait votre budget en péril. Cette approche chiffrée, proche d’un « bilan financier du logement », sera particulièrement utile si vous devez justifier un refus auprès du préfet ou de la commission de médiation.
Délais légaux de réponse et procédure d’acceptation de la proposition DALO
Une fois que vous avez vérifié la conformité de la proposition DALO, la question du délai de réponse devient prioritaire. Le calendrier est strict : au-delà d’une certaine échéance, votre silence peut être interprété comme un refus, avec des conséquences lourdes sur votre statut de prioritaire. Il ne suffit donc pas de se faire une opinion sur l’offre, il faut aussi formaliser sa décision dans les formes et délais prévus par les textes. Vous entrez alors dans une séquence très encadrée : notification à la commission de médiation, échanges avec le préfet et le bailleur, constitution du dossier locatif, puis signature du bail.
Respect du délai de 10 jours pour notifier votre décision à la commission de médiation
Dans la plupart des départements, la notification de la décision de la commission de médiation précise que vous perdrez le bénéfice de votre priorité si vous refusez une proposition de logement adaptée ou si vous ne répondez pas dans le délai imparti. En pratique, les courriers de proposition mentionnent souvent un délai de 10 à 21 jours pour répondre. Il est prudent de considérer que vous disposez de 10 jours pour manifester clairement votre position, surtout si vous envisagez un refus motivé. Ce délai court à partir de la date de première présentation du recommandé ou de la mise à disposition de la notification électronique.
Pour éviter toute contestation sur la date de réponse, privilégiez toujours une trace écrite : courrier recommandé avec accusé de réception, ou à défaut courriel avec accusé de lecture, en doublant si possible par un appel téléphonique. Indiquez la référence de la décision DALO, la date du courrier de proposition et votre décision (acceptation ou refus motivé). Cette étape peut paraître formelle, mais elle joue le rôle d’un « garde-fou juridique » : en cas de litige ultérieur, vous pourrez démontrer que vous avez agi dans les temps et de bonne foi.
Modalités de transmission de l’acceptation auprès du préfet et du bailleur social
Lorsque vous décidez d’accepter la proposition, votre réponse doit être adressée à la fois au bailleur social indiqué sur le courrier et, selon les pratiques locales, au service préfectoral en charge du DALO. Le courrier d’acceptation doit rappeler clairement l’adresse du logement, la référence du dossier et la date de la proposition. Vous pouvez joindre, dès cette étape, les premières pièces de votre dossier locatif pour montrer votre réactivité (copie de pièce d’identité, justificatifs de ressources, livret de famille). Cette démarche proactive rassure le bailleur sur votre sérieux et évite des allers-retours inutiles.
En parallèle, gardez systématiquement des copies de tous les documents envoyés et des accusés de réception. Pensez à noter le nom et la fonction de vos interlocuteurs lors des échanges téléphoniques avec le bailleur ou la préfecture, ainsi que la date et l’heure de l’appel. En cas de lenteur ou de blocage, ces éléments pourront servir de preuves pour démontrer que vous n’êtes pas à l’origine du retard. Vous pouvez également demander à un travailleur social, à l’ADIL ou à une association agréée de relire votre courrier d’acceptation avant envoi, afin de sécuriser la formulation au regard du droit au logement opposable.
Constitution du dossier complémentaire exigé par l’organisme HLM
Après votre acceptation, l’organisme HLM vous demandera généralement un dossier complémentaire pour finaliser l’étude de votre candidature. Ce dossier ressemble à celui d’une demande de logement social classique, mais la priorité DALO doit théoriquement limiter la marge de refus du bailleur. Attendez-vous toutefois à fournir : pièces d’identité de tous les majeurs, justificatifs de ressources des trois derniers mois pour le foyer, dernier avis d’imposition, attestation de prestations sociales, éventuellement attestation d’hébergement actuel ou de structure d’urgence. Anticiper ces demandes dès la réception de la proposition vous fera gagner un temps précieux.
Si certaines pièces sont difficiles à obtenir dans les délais (nouvel avis d’imposition, attestation CAF, document d’un employeur), prévenez immédiatement le bailleur et proposez des documents provisoires : derniers bulletins de salaire, ancienne notification CAF, attestation sur l’honneur, en expliquant que les justificatifs officiels sont en cours de délivrance. L’objectif est de montrer que vous êtes engagé dans la démarche et de limiter le risque que le bailleur considère votre dossier comme incomplet ou abandonné. Là encore, l’appui d’une assistante sociale peut peser dans la balance pour convaincre le bailleur de patienter quelques jours supplémentaires.
Signature du bail et versement du dépôt de garantie selon la loi ALUR
Une fois le dossier accepté par la commission d’attribution du bailleur social, vient le moment de la signature du bail. Le contrat de location doit respecter les dispositions protectrices de la loi ALUR, notamment en ce qui concerne le montant du dépôt de garantie, plafonné à un mois de loyer hors charges pour les locations vides. Le bailleur ne peut exiger le versement de sommes supplémentaires abusives (frais de dossier non prévus, « réservation » du logement, etc.). Si vous rencontrez une demande de paiement inhabituelle, n’hésitez pas à demander conseil à une association ou à l’ADIL avant de signer.
Le jour de la signature, lisez attentivement chaque clause du bail : durée, montant du loyer et des charges, indexation annuelle, droits et obligations du locataire, règlement intérieur de la résidence. L’état des lieux d’entrée est une étape tout aussi stratégique : prenez le temps d’inscrire toutes les remarques utiles (peintures abîmées, équipements défectueux, traces d’humidité), photos à l’appui. En signant un état des lieux trop optimiste, vous risquez d’être tenu pour responsable de dégradations antérieures lors de votre départ. Enfin, si vous ne disposez pas immédiatement de la totalité du dépôt de garantie, renseignez-vous sur les dispositifs de garantie et d’avances (caution Visale, FSL, aides Action Logement) susceptibles de vous aider à franchir ce cap.
Motifs légitimes de refus d’une proposition DALO et conséquences juridiques
Refuser une proposition de logement DALO n’est jamais un acte anodin. Le cadre légal est très clair : un refus injustifié d’une offre adaptée peut entraîner la perte de votre statut de prioritaire et vous renvoyer dans la file d’attente ordinaire du logement social. Pour autant, la loi reconnaît plusieurs motifs légitimes de refus lorsqu’un logement n’est manifestement pas adapté à vos besoins ou à vos capacités. L’enjeu est alors de distinguer ce qui relève de préférences personnelles (quartier jugé peu agréable, étage élevé sans ascenseur mais sans handicap) de ce qui constitue un manquement objectif aux critères du DALO.
Refus pour non-respect des critères de décence ou de superficie minimale
Le premier motif légitime de refus concerne le non-respect des normes de décence ou de surface habitable minimale. Si, lors de la visite, vous constatez des défauts graves : absence de chauffage, infiltrations d’eau importantes, installation électrique dangereuse, absence de ventilation, pièces sans éclairage naturel, vous pouvez invoquer l’inadéquation du logement au regard du décret sur le logement décent. De même, si la surface habitable est inférieure aux 9 m² pour une personne seule ou ne respecte pas les seuils légaux liés à la composition du ménage, vous êtes en droit de contester.
Pour que ce motif soit pris au sérieux, il est indispensable de documenter précisément la situation : photos datées, témoignages, constat d’un travailleur social, voire avis d’un professionnel du bâtiment ou d’un service communal d’hygiène et de santé. Dans votre courrier de refus, décrivez les anomalies en détail, en les reliant explicitement aux textes applicables (décret décence, surface minimale). Plus votre argumentation sera objective et rattachée au droit, moins elle pourra être interprétée comme un simple refus de convenance personnelle.
Invocation de l’inadaptation du logement aux besoins spécifiques de santé ou de handicap
Le deuxième grand motif légitime concerne l’inadaptation du logement à un handicap ou à des besoins de santé spécifiques. Un appartement sans ascenseur pour une personne en fauteuil roulant, un logement avec de nombreuses marches pour une personne souffrant de troubles de l’équilibre, ou encore l’absence de possibilité raisonnable d’aménagement pour un handicap reconnu peuvent justifier un refus. La commission de médiation et le préfet ont l’obligation de tenir compte de ces besoins particuliers, notamment lorsque la MDPH a reconnu un handicap ou un besoin d’accessibilité renforcé.
Dans ce type de situation, il est crucial d’appuyer vos arguments sur des pièces médicales et administratives : décision MDPH, certificats médicaux détaillant les contraintes de mobilité, rapports d’ergothérapeute ou de travailleur social décrivant l’inadaptation concrète du logement (largeur des portes, couloirs, sanitaires, accès à l’immeuble). Vous pouvez également joindre un plan sommaire du logement, annoté pour montrer les obstacles majeurs. Cette approche factuelle permet de transformer ce qui pourrait sembler être une « impression personnelle » en démonstration structurée de l’incompatibilité du logement avec votre état de santé.
Contestation de l’éloignement excessif du lieu de travail ou de scolarisation
Un autre motif reconnu par la jurisprudence concerne l’éloignement excessif du nouveau logement par rapport au lieu de travail ou aux établissements scolaires des enfants. Si le relogement entraîne des temps de trajet déraisonnables, voire la perte probable de votre emploi ou l’impossibilité de maintenir la scolarisation dans des conditions normales, vous pouvez contester la proposition. Il ne s’agit pas de refuser tout changement d’environnement, mais de démontrer que la distance dépasse ce qui peut être raisonnablement exigé d’un ménage déjà en situation de fragilité.
Pour cela, chiffrer est une stratégie efficace : indiquez les temps de trajet actuels et ceux induits par le logement proposé (via les calculateurs de transport, horaires de bus et de trains), le coût supplémentaire des abonnements ou du carburant, les contraintes liées aux horaires de travail ou aux emplois du temps scolaires. Si votre employeur estime que ce changement compromet votre présence au poste, une attestation écrite aura un poids important. De même, pour un enfant handicapé ou nécessitant une scolarisation spécifique, l’éloignement d’un établissement adapté peut constituer un argument majeur à condition de l’étayer avec des justificatifs.
Procédure de recours devant le tribunal administratif en cas de désaccord
Si le préfet ou la commission de médiation considèrent que la proposition était adaptée malgré vos objections, et qu’ils maintiennent que votre refus met fin à votre priorité DALO, vous avez la possibilité de porter le différend devant le tribunal administratif. Ce recours n’impose pas de prendre un avocat, même si l’assistance d’une association spécialisée ou d’un juriste peut être précieuse pour construire une argumentation solide. Vous devrez alors démontrer, pièces à l’appui, que le logement ne répondait pas aux critères d’adaptation à vos besoins et à vos capacités prévus par la loi.
Concrètement, vous disposez d’un délai de quatre mois à compter de la fin du délai laissé au préfet pour vous reloger, ou à compter de la décision explicite qui remet en cause votre statut de prioritaire, pour saisir le tribunal. Votre requête doit contenir la décision de la commission de médiation, la description de la proposition contestée, la liste des motifs de refus invoqués et l’ensemble des justificatifs sur lesquels vous vous appuyez (rapports, certificats, photos, simulations financières, attestations). Le juge administratif examinera si, au regard du droit au logement opposable, le logement proposé pouvait réellement être considéré comme « adapté ». Si ce n’est pas le cas, il peut annuler la décision préfectorale et maintenir votre priorité.
Gestion du refus abusif et perte du statut de prioritaire DALO
À l’inverse, lorsqu’un refus est qualifié d’abusif, les conséquences peuvent être lourdes. On parle de refus abusif lorsque le logement respecte les critères de décence, de surface, de localisation raisonnable et de compatibilité financière, et qu’aucun motif sérieux (santé, handicap, menace pour l’emploi, scolarisation spécifique) n’est démontré. Dans ce cas, le préfet peut considérer que l’État a rempli son obligation au titre du DALO, et clore votre dossier en tant que prioritaire. Vous retombez alors dans le circuit classique du logement social, avec des délais d’attente souvent de plusieurs années selon les départements.
Cette situation peut donner l’impression d’un « retour à la case départ », d’où l’importance de réfléchir soigneusement avant de refuser une proposition. Demandez-vous si les inconvénients que vous identifiez relèvent de l’inconfort ou de véritables impossibilités. N’hésitez pas à solliciter un avis extérieur impartial – travailleur social, juriste ADIL, association – qui vous aidera à distinguer l’essentiel du secondaire. Si, après analyse, vous estimez malgré tout que la proposition est acceptable, même imparfaite, il peut être plus stratégique de l’accepter, puis de demander ultérieurement un transfert ou un échange de logement via les dispositifs existants, plutôt que de courir le risque de perdre le bénéfice de votre priorité DALO.
Accompagnement par les associations agréées et dispositifs d’aide à l’installation
Face à la complexité des procédures DALO, vous n’êtes pas obligé d’avancer seul. De nombreuses structures associatives et institutionnelles peuvent vous accompagner, depuis l’analyse de la proposition de logement jusqu’à votre installation effective. Leur rôle ne se limite pas au conseil juridique : elles peuvent aussi vous aider à constituer vos dossiers, à préparer vos courriers, à négocier avec les bailleurs, voire à financer une partie des coûts liés au déménagement et à l’ameublement. Utiliser ces ressources, c’est un peu comme se faire guider par un GPS dans un réseau routier compliqué : vous gagnez du temps, réduisez les risques d’erreur et sécurisez chaque étape.
Soutien des structures comme la fondation abbé pierre ou le secours catholique
Parmi les acteurs incontournables, on retrouve la Fondation Abbé Pierre, le Secours Catholique, le DAL (Droit Au Logement), la Fondation de l’Armée du Salut, ou encore les associations locales de lutte contre le mal-logement. Ces structures disposent souvent de juristes ou de travailleurs sociaux habitués aux dossiers DALO, capables de décrypter les décisions de la commission de médiation, de relire vos réponses à une proposition de logement, et de vous aider à monter un recours si nécessaire. Elles connaissent aussi les pratiques des préfectures et des bailleurs de votre territoire, ce qui leur permet de vous donner des conseils très concrets.
En pratique, ces associations peuvent vous accompagner à vos rendez-vous avec le bailleur, vous aider à préparer l’état des lieux, vérifier la conformité de votre bail, ou encore intervenir en votre nom auprès des services préfectoraux en cas de blocage administratif. Certaines proposent même des permanences juridiques gratuites, en présentiel ou par téléphone, spécialement dédiées au DALO et au DAHO. Ne sous-estimez pas cet appui : dans un dossier sensible, une lettre bien rédigée ou un échange téléphonique avec le « bon » interlocuteur peut parfois débloquer une situation qui semblait figée depuis des mois.
Mobilisation du FSL pour financer le déménagement et l’équipement du logement
L’accès à un logement DALO soulève souvent une question financière immédiate : comment payer le déménagement, le dépôt de garantie, éventuellement les premiers achats de meubles ou d’électroménager ? C’est là qu’intervient le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL), géré par le département. Le FSL peut accorder des aides pour le dépôt de garantie, le premier loyer, l’ouverture des compteurs (eau, gaz, électricité) ou encore pour l’ameublement de base, sous forme de subventions ou de prêts à taux zéro selon vos ressources.
Pour solliciter le FSL, vous devrez remplir un dossier spécifique, généralement avec l’aide d’une assistante sociale (CCAS, conseil départemental, association). Il vous sera demandé de fournir la proposition de logement, le bail ou le projet de bail, vos justificatifs de ressources et de charges, ainsi qu’un budget prévisionnel. Là encore, anticipez : ne tardez pas à déposer votre demande, car les délais d’instruction peuvent être de plusieurs semaines. Obtenir une aide FSL au bon moment peut faire la différence entre un emménagement serein et une installation marquée par les dettes et le stress financier.
Demande d’aide personnalisée au logement auprès de la CAF ou de la MSA
Dès que vous connaissez le montant du loyer et des charges, il est utile de simuler et de préparer votre demande d’aide personnalisée au logement (APL) auprès de la CAF ou de la MSA. Cette aide, versée mensuellement, vient réduire votre reste à charge et donc votre taux d’effort, ce qui est particulièrement important pour stabiliser votre budget sur le long terme. Dans la plupart des cas, vous pouvez effectuer la demande en ligne dès que vous disposez des éléments du bail (adresse, surface, loyer hors charges, nature du logement social).
Pour éviter les ruptures de trésorerie, pensez à déposer votre demande d’APL le plus tôt possible, idéalement dès la signature du bail ou juste après l’état des lieux d’entrée. En effet, les droits ne sont pas rétroactifs sur une longue période : un retard de demande peut vous faire perdre plusieurs mois d’aides auxquelles vous auriez pourtant eu droit. Gardez une copie de votre dossier et des accusés de dépôt, et vérifiez régulièrement votre espace en ligne pour répondre rapidement à toute demande de complément d’information de la CAF ou de la MSA.
Transition depuis l’hébergement d’urgence ou le logement temporaire
Pour de nombreux ménages reconnus au titre du DALO, la proposition de logement marque la fin d’une période passée en hébergement d’urgence, en centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), en hôtel social ou en logement temporaire. La transition entre ces dispositifs et un bail classique de logement social n’est pas qu’un simple changement d’adresse : c’est un véritable changement de statut, de responsabilités et de repères. Vous passez d’une situation très encadrée, où beaucoup de décisions sont prises pour vous, à une position de locataire autonome, responsable de son loyer, de ses charges et de l’entretien du logement.
Pour que cette transition se déroule dans de bonnes conditions, il est essentiel de maintenir, au moins pendant les premiers mois, un lien avec les travailleurs sociaux qui vous accompagnaient en structure d’hébergement. Ils peuvent vous aider à organiser le déménagement, à gérer les démarches administratives (CAF, FSL, assurances, abonnements), mais aussi à anticiper les difficultés du quotidien (gestion du budget, voisinage, entretien du logement). Considérez cet accompagnement comme un « filet de sécurité » temporaire, le temps de prendre vos marques dans ce nouveau cadre de vie.
La sortie de l’hébergement d’urgence vers un logement DALO peut également soulever des questions plus personnelles : comment recréer des habitudes de vie stables après une longue période d’instabilité ? Comment gérer la solitude ou, à l’inverse, le surpeuplement soudain lorsque toute la famille se retrouve sous le même toit ? N’hésitez pas à exprimer ces préoccupations à vos référents sociaux ou à rejoindre des groupes de parole ou d’entraide, parfois organisés par les associations ou les bailleurs sociaux. Se loger durablement, ce n’est pas seulement disposer d’un toit : c’est aussi reconstituer un équilibre de vie, étape par étape, en vous appuyant sur les droits que vous garantit le DALO et sur les soutiens disponibles autour de vous.